J’ai eu la chance et le bonheur de vivre l’expérience immersive qu’est la production de Le concierge à deux reprises: lors de sa création à Toronto en mars 2023, puis à Ottawa en février 2024.
Je vous partage une texte que j’avais envoyé à Vincent Leblanc-Beaudouin suite à la représentation d’Ottawa.
Salut Vincent,
Je serais curieux de discuter avec toi de ta présentation de Le concierge à Ottawa. J’ai beaucoup aimé revoir la production et j’ai été fasciné par l’influence des lieux sur la pièce.
Dans les deux cas, l’aspect du silence suggéré en introduction et le côté immersif sont captivants. De nouveau, je suivais le concierge en faisant des hypothèses sur sa personnalité, ses intérêts, ses rêves.
Le ton de la production différait beaucoup entre Toronto et Ottawa.
À Toronto, je ne connaissais pas l’école et je découvrais les lieux tout au long de la soirée: décoration dans les locaux, dans les corridors.
À Ottawa, je connaissais la plupart des locaux de l’école De La Salle où je suis allé à plusieurs reprises pour des événements de Théâtre Action et de Contact Ontarois.
À Toronto, il m’a semblé que même si on suit le concierge la nuit dans un environnement clos, il y avait une ouverture sur l’extérieur et sur l’imagination. On commençait et on finissait sur la scène du théâtre, un clin d’oeil sur ce qui est réalité, cet homme qui travaille et ce qui est fictif, éphémère. Il y avait aussi la chapelle où l’on contemplait la rue, l’univers extérieur, et cette fenêtre entrouverte qui laissait entrer les bruits de la rue. Et j’ai vraiment aimé retrouver cette scène dans la murale dans la salle du concierge: de revoir ces maisons et la silhouette du concierge qui contemple le tout. Comme si, lui aussi, malgré sa solitude, avait besoin de ce regard vers l’extérieur. La scène dans le studio de danse avec le papier de toilette qui était projeté et qui se déroulait à toute vitesse était impressionnante. La participation des élèves en personnages automatisés dans les corridors puis que l’on voyait du balcon du théâtre évoluer sur scène m’avait plu. Il y avait une atmosphère d’aliénation du personnage qui disjonctait par moments mais qui, au final, survivait à cet environnement.
À Ottawa, j’ai eu plutôt un sentiment d’oppression de la part du concierge. Toutes les salles étaient à l’intérieur du bâtiment, il n’y avait pas de fenêtre, pas de connexion avec l’extérieur. On ne s’est pas retrouvé dans le théâtre, mais dans la cafétéria et dans des classes. J’ai aimé le moment dans la bibliothèque, le fait que le concierge prenne un moment pour lire, besoin de s’évader? De réfléchir? De poursuivre une lecture passionnante? Puis la scène dans le bureau du concierge avait une couleur très différente: tous les dessins représentaient le concierge, sa silhouette, un côté plus inquiétant presque torturé et ce compte, ces barres qui s’accumulent sur le tableau, assez aliénant.
La scène finale dans la classe de théâtre avec les élèves était plus oppressante, comment ils dominaient le concierge, l’enveloppaient dans le papier: plus agressant.
C’est un spectacle qui continue de m’habiter.
J’ai hâte de découvrir comment Daniele Bartolini, ton équipe et toi allez nous faire vivre cette unique expérience qu’est Le concierge dans les locaux des écoles Mille-Îles et Sainte-Marie-Rivier.
À ne pas manquer! Le concierge a été présenté à 4 reprises toujours à guichets fermés!
Production de Vincent Leblanc-Beaudouin et Daniele Bartolini
Un partenariat du Centre culturel Frontenac et de The Kick & Push Festival
Du jeudi 23 juillet au mardi 28 juillet 2026 à 19h30 au Centre scolaire-communautaire, 1290, rue Wheathill, Kingston
Billets en vente:
https://www.thekickandpush.com/le-concierge
Le Concierge dans les médias :
À échelle humaine – Le Concierge : spectacle immersif présenté à Kingston
Y a pas deux matins pareils – Culture : « Le Concierge » à Kingston
ENT: Immersive play kicks off this year’s Kick & Push theatre festival

